DOUZE MILLE VINGT (2020)

DOUZE MILLE VINGT
Performances – installation sonore – activation d’espace
19.11.20 – 11.12.20
Halle Nord, Genève

L’utopie en corps, au son de la pleine conscience
Et si, dans un très lent processus d’évolution, l’humanité ne faisait plus qu’un seul corps avec son environnement ? Un corps sensible, capable de percevoir l’invisible, de communiquer avec les espèces qui partagent son existence et d’accorder les battements de son cœur au rythme des plantes, des animaux ? DOUZE MILLE VINGT situe le corps dans un futur réconcilié, à dix mille ans d’ici, dans une ère holistique où chacun.e serait capable de vibrer avec le monde à travers une écoute sensible du vivant.

Conceptualisant un espace sonore utopique, Julie Semoroz explore l’idée d’une adaptation positive et harmonieuse de l’être humain à la nature. Dans une perspective body augmented, où la technologie se lie au corps, l’artiste met en scène plusieurs dispositifs d’écoute en « pleine conscience », des installations sonores diffusant le son à travers le corps, qui permettent d’en ressentir physiquement les propriétés. Né de la collaboration avec le Flux Laboratory et le Centre Interfacultaire en Sciences Affectives (CISA) de l’Université de Genève avec le prof. Didier Grandjean au Campus Biotech, DOUZE MILLE VINGT se réfère à l’intéroception – la perception interne du son, champ scientifique largement méconnu – et agit sur la capacité à ressentir l’activité physiologique interne, à percevoir notamment la pulsation du sang dans les veines, le bruit des viscères, le souffle de la respiration, comme autant d’indicateurs des émotions, de l’état corporel. A partir de sons enregistrés – fields recordings, voix humaines et divers vocalisations et sons produits par des animaux – retravaillés et triturés par les soft/hardwares, Julie Semoroz sculpte une matière sonore fertile et organique, un terreau bruitiste grouillant de vie.

Un léger brouhaha – cliquetis et bourdonnements diffus – et une odeur boisée se dégagent de la forêt de planches disposée à la verticale contre la paroi nord. Xyloscille (de grec xylo-, bois oscillant) est une imposante installation sonore qui engage l’ensemble du corps. En appui de tout son long sur les grandes lattes, les vibrations produites par les ondes sonores sont transmises par contact, la douceur et la sensualité de la surface incitant volontiers au toucher, à caresser le bois. L’Arolle du Valais utilisé ici sécrète une odeur aux propriétés hypotensives, qui permettraient de calmer le rythme cardiaque durant le sommeil. Sorte de berceau sonore à la verticale, chaque planche, singulière autant dans son essence que par le geste du menuisier qui l’a façonnée, conduit le son différemment. En retour, le corps plus ou moins alangui fait varier d’intensité l’oscillation du son. Ce corps vibrant de concert avec le bois marque l’empreinte d’un nouveau type de symbiose, de communication inter-espèces, qui rapproche le sujet de l’objet, l’humain du végétal, liés mutuellement par l’onde sonore qui les parcourt.

Etendue au sol, la pièce Foralgues poursuit ce singulier concert performatif aux multiples résonnances. Appliqués sur les différentes parties du corps, les enceintes piézo-électriques à disposition font vibrer la peau, les tissus et parties osseuses comme des membranes. A la fois émetteur et récepteur, micro et haut-parleur, instrument et caisse de résonance, le corps diffuse et transforme les pièces sonores dans un double mouvement de réciprocité où bruits internes et bruits externes s’influencent mutuellement.

Basé sur les recherches récurrentes de l’artiste, DOUZE MILLE VINGT s’inscrit dans un processus de travail en cours sur les fréquences sonores et leur champ d’application. Les actuels projets et collaborations de l’artiste tiennent une part importante de l’exposition. Mouvement et son sont explorés lors d’une performance dansée avec Fabio Bergamaschi et Jasmine Morand, puis retransmise par vidéo, en archive de l’évènement. Un concert avec l’ensemble Contrechamps, des rencontres entre artistes et les scientifiques du CISA, un atelier pour enfants et une sieste sonore viennent compléter le programme, comme autant de fenêtres dans le paysage sonore et vibratoire créé par Julie Semoroz. Le paysage d’une utopie, où le son est mis en corps, et vice versa, dans une forme remarquable de pleine conscience auditive.

Camille Abele

TWELVE THOUSAND AND TWENTY
Performance – sound installation – space activation
19.11.20 – 11.12.20
Halle Nord, Geneva

Embodied utopia, to the sound of full consciousness 
What if, in a very slow evolutive process, humanity became one, one body, with its environment? A sensitive body, capable of perceiving the invisible, of communicating with the species sharing its existence and of tuning its heartbeats to the rhythm of plants and animals? TWELVE THOUSAND AND TWENTY sets the body in a reconciled future, ten thousand years from now, in a holistic era where everyone would be able to vibrate with the world by carefully listening to the living.

By conceptualising a utopian soundspace, Julie Semoroz explores the idea of a positive and harmonious habituation of human beings to nature. In an augmented body perspective, where technology fuses with the body, the artist stages several listening devices – listening in full consciousness that is -, sound installations diffusing the sound through the body, allowing to physically feel its properties. Born from the collaboration with Flux Laboratory and the Swiss Center for Affective Sciences (SCAS) of the University of Geneva with prof. Didier Grandjean at Campus Biotech, TWELVE THOUSAND AND TWENTY refers to interoception – the internal perception of sound, a scientific field still largely unexplored – and acts on the ability to feel internal physiological activity, to perceive the blood pulsing in our veins, the sound of viscera, the air drawn by our breath, all as indicators of emotions, of our bodily state. From recorded sounds – field recordings, human voices and various vocalisations and sounds produced by animals – re-worked and manipulated with soft/hardwares, Julie Semoroz sculpts a fertile, organic sound texture, a noisy breeding ground teeming with life.

A light hubbub – diffused rattling and buzzing – and a woody scent emanating from the forest of planks standing vertically against the north wall. Xyloscilla (from the Greek xylo-, oscillating sound) is an imposing sound installation which engages the whole body. Resting against the large slats, the vibrations produced by the sound waves are transmitted by physical contact, the softness and the sensuality of the surface inviting to touch, to caress the wood. The Arolle du Valais used here exudes a smell with hypotensive properties, which could calm the heartbeat of someone sleeping. A sort of vertical sound cradle, each plank, unique as much in its essence as through the gesture of the carpenter who shaped it, conducts the sound differently. In return, the more or less languid body makes the sound oscillation vary in intensity. This body vibrating in concert with the wood marks the imprint of a new kind of symbiosis, of inter-species communication, which brings the subject closer to the object, the human closer to the plant, mutually linked by the sound wave that travels through them.

Lying on the ground, the piece Foralgues prolongs this singular performative concert with multiple resonances. Applied to different parts of the body, the piezoelectric loudspeakers available make the skin, tissues and bony parts vibrate like membranes. At the same time transmitter and receiver, microphone and loudspeaker, instrument and sound box, the body diffuses and transforms the sound pieces in a double, reciprocal movement where internal and external noises mutually influence each other.

Based on the artist’s recurring research, TWELVE THOUSAND AND TWENTY falls within an ongoing body of work about sound frequencies and their field of application. The artist’s current projects and collaborations represent a significant part of the exhibition. Movement and sound are explored through a dance performance with Fabio Bergamaschi and Jasmine Morand, then retransmitted on video, as an archive of the event. A concert with l’ensemble Contrechamps, meetings between artists and scientists from SCAS, a workshop for children and a sound nap will complete the programme, as windows inviting the public into the sound and vibration landscape created by Julie Semoroz. The landscape of a utopia, where sound is put into body and vice versa, in a remarkable form of full auditory consciousness.

Camille Abele

Dates de présentation de DOUZE MILLE VINGT à la Halle Nord :

20 novembre – 11 décembre 2020
Installation sonore à voir durant les heures d’ouverture de la Halle Nord

19 novembre 2020                 
18h-21h00 Vernissage DOUZE MILLE VINGT
19h-19h30 Performance HOO…
Performeur.e.s : Fabio Bergamaschi et Julie Semoroz  
Collaboration : Jasmine Morand

20-21 novembre 2020            
19h-19h30  Performance HOO…
Performeur.e.s : Fabio Bergamaschi et Julie Semoroz  
Collaboration : Jasmine Morand

22 novembre 2020                 
15h Performance RESONANT BODIES
Ensemble Contrechamps
15h30-16h30 Talk Didier Grandjean (Unige – CISA) et Vincent Barras (CHUV-UNIL)

25 novembre 2020
14h-16h Workshop pour enfants RESONANT BODIES
Âge recommandé : 7-14 ans
Intervenants : Didier Grandjean(Unige – CISA), Julie Semoroz et collectif Hécatombe

29 novembre 2020
13h-15h Performance, SIESTE SONORE
Julie Semoroz et invité.e.s
15h30-19h portes ouvertes, RENCONTRE
avec Wendy Gaze, Aline Morvan, Charlotte Nordin et Julie Semoroz

11 décembre 2020
17h-21h00  FINISSAGE DOUZE MILLE VINGT

*Programmation consécutive et reprises de DOUZE MILLE VINGT

13 Mars 2021 L’Alhambra, Genève, CH
Nouvelle composition : OS
Composition : Julie Semoroz
Ensemble Contrechamps

9 – 15 mai 2021 La Nouvelle Comédie, Genève, CH
Programmation de l’ensemble du projet
Participation à la biennale Out of the Box (15 mai)

2021 Campus Biotech, Nuit de la Science, Genève, CH
Performances multiples OS / HOO…
Ensemble Contrechamps

DISTRIBUTION
Lieu de création: Halle Nord dans le cadre du Festival Les Créatives
Conception et composition musique: Julie Semoroz
Chorégraphies : Fabio Bergamaschi, Jasmine Morand, Julie Semoroz
Interprétation danse – son : Fabio Bergamaschi, Julie Semoroz
Interprétation musicale : L’Ensemble Contrechamps : Akiko Ahrendt – violon, Thierry Debons – percussion, Julie Semoroz voix, machines
Rencontre : Charlotte Nordin, Wendy Gaze, Aline Morvan, Julie Semoroz
Technicienne son et construction : Emma Souharce
Scénographie et construction: Wendy Gaze
Consultant technique : Denis Rollet
Programmation informatique : Thomas Köppel
Direction technique : Julie Semoroz
Intervenants théoriques & talks: Vincent Barras, Didier Grandjean
Workshop: Collectif Hécatombe: Aude Barrio et Barbara Meuli
Costume: Sami Jelyl
Regards extérieurs : Carl June, Carole Rigaut
Texte : Camille Abele
Flyer invitation: Thomas Perrodin
Photo : Emmanuelle Bayart
Video : Remy Dufay et Chloé Simonin
Administration comptabilité : Nathalie Wenger et Julie Semoroz
Production & diffusion: Julie Semoroz
Assistante de production & diffusion : Virginie Reymond
Coproduction : Halle Nord, association Motonomy
Partenariat et médiation : Flux Laboratory
Partenariats : Université de Genève – Cisa & Campus Biotech, Ensemble Contrechamps, Festival les Créatives, La Comédie de Genève, le Dansomètre, Charly Perritaz
Résidences : Campus Biotech & Cisa avec le professeur Didier Grandjean et le Dansomètre avec le soutien de Jasmine Morand
Soutiens : The Swiss National Science Foundation (SNSF Agora project), Ville de Genève, Pro Helvetia, Université de Genève – Cisa & Campus Biotech, Flux Laboratory, La Comédie de Genève, FEEIG
Remerciements : Carole Rigaut, Cynthia Odier, Dominique Rovini, Carole Varone, Hélène Maurer, Thomas Perrodin, Charly Perritaz, Kreutzer et Cie SA,