DOUZE MILLE VINGT (2021)

Ce diaporama nécessite JavaScript.

DOUZE MILLE VINGT

L’utopie en corps, au son de la pleine conscience

Et si, dans un très lent processus d’évolution, l’humanité ne faisait plus qu’un seul corps avec son environnement ? Un corps sensible, capable de percevoir l’invisible, de communiquer avec les espèces qui partagent son existence et d’accorder les battements de son coeur au rythme des plantes, des animaux ? DOUZE MILLE VINGT situe le corps dans un futur réconcilié, à dix mille ans d’ici, dans une ère holistique où chacun.e serait capable de vibrer avec le monde à travers une écoute sensible du vivant.

Conceptualisant un espace sonore utopique, Julie Semoroz explore l’idée d’une adaptation positive et harmonieuse de l’être humain à la nature. Dans une perspective body augmented, où la technologie se lie au corps, l’artiste met en scène un dispositif d’écoute en « pleine conscience », diffusant le son à travers le corps, qui permet d’en ressentir physiquement les propriétés. Né de la collaboration avec le Flux Laboratory et le Centre Interfacultaire en Sciences Affectives (CISA) de l’Université de Genève avec le prof. Didier Grandjean au Campus Biotech, DOUZE MILLE VINGT se réfère à l’intéroception – la perception interne du son, champ scientifique largement méconnu – et agit sur la capacité à ressentir l’activité physiologique interne, à percevoir notamment la pulsation du sang dans les veines, le bruit des viscères, le souffle de la respiration, comme autant d’indicateurs des émotions, de l’état corporel. A partir de sons enregistrés – fields recordings, voix humaines et divers vocalisations et sons produits par des animaux – retravaillés et triturés par les soft/hardwares, Julie Semoroz sculpte une matière sonore fertile et organique, un terreau bruitiste grouillant de vie.

Un léger brouhaha – cliquetis et bourdonnements diffus – et une odeur boisée se dégagent de la forêt de planches disposée à la verticale contre la paroi nord. Xyloscille (de grec xylo-, bois oscillant) est une imposante installation sonore qui engage l’ensemble du corps. En appui de tout son long sur les grandes lattes, les vibrations produites par les ondes sonores sont transmises par contact, la douceur et la sensualité de la surface incitant volontiers au toucher, à caresser le bois. L’Arolle du Valais utilisé ici sécrète une odeur aux propriétés hypotensives, qui permettraient de calmer le rythme cardiaque durant le sommeil. Sorte de berceau sonore à la verticale, chaque planche, singulière autant dans son essence que par le geste du menuisier qui l’a façonnée, conduit le son différemment. En retour, le corps plus ou moins alangui fait varier d’intensité l’oscillation du son. Ce corps vibrant de concert avec le bois marque l’empreinte d’un nouveau type de symbiose, de communication inter-espèces, qui rapproche le sujet de l’objet, l’humain du végétal, liés mutuellement par l’onde sonore qui les parcourt. Basé sur les recherches récurrentes de l’artiste, DOUZE MILLE VINGT s’inscrit dans un processus de travail en cours sur les fréquences sonores et leur champ d’application. 

Camille Abele

 

* Les actuels projets et collaborations de l’artiste tiennent une part importante du projet et sont en constante mutation dû à la crise sanitaire. Des performances, workshops, concerts et discussions auraient dû être présentés au public durant cette période d’exposition, comme autant de fenêtres dans le paysage sonore et vibratoire créé par Julie Semoroz. Afin de garder ces multiples propositions du projet vivantes pour le public et ne pas rester en huit clos artistique, Julie Semoroz a pris la décision de les transformer sous forme de video art et de développer dans le temps cette année des formes de rencontres et de résonances entre installations, workshops, performances et/ou vidéo art, en fonction des possibilités sanitaires. 

PRESSE
LeTemps_Julie semoroz

LeCourrier_L’être humain en résonance avec le vivant

DOSSIER DE PRESSE DOUZE MILLE VINGT

Programmation consécutive et reprises de DOUZE MILLE VINGT

La Nouvelle Comédie, Genève, CH – 9 – 15 mai 2021
Installation – concert – performance – workshop
Participation à la Biennale Out of The Box
Sous réserve de l’évolution des ordonnances fédérales et cantonales

Scientifica, Zürich, CH – 3-4-5 septembre 2021
NCCR evolving language
Workshop Body Resonance
8 workshops vibration sonore et dessin
Avec Aude Barrio, Didier Grandjean, Julie Semoroz et Carole Varone

DISTRIBUTION
Lieu de création: Halle Nord
Conception et composition sonore: Julie Semoroz
Chorégraphies: Fabio Bergamaschi, Jasmine Morand, Julie Semoroz
Interprétation danse : Fabio Bergamaschi, Julie Semoroz
Video art : Francisco Rios Anderson, Rémi Dufay et Chloé Simonin, Fabio Bergamaschi, Jasmine Morand, Julie Semoroz, Mika Ventura
Technique son et construction : Emma Souharce
Scénographie et construction : Wendy Gaze
Construction bois : Charly Perritaz
Construction métallique : Jony Valado
Consultant technique : Denis Rollet
Programmation informatique : Thomas Köppel
Direction technique : Julie Semoroz
Intervenants théoriques & talks à venir: Didier Grandjean, Hélène Maurer, Vincent Barras 
Regards extérieurs : Carl June, Carole Rigaut, Jasmine Morand
Texte de salle : Camille Abele
Cartes sérigraphiées : Thomas Perrodin
Photographie : Emmanuelle Bayart, Isabelle Meister
Administration & comptabilité : Julie Semoroz et Nathalie Wenger
Production & diffusion: Julie Semoroz
Assistanat et chargée de production & diffusion : Virginie Reymond
Coproduction : Halle Nord, association Motonomy
Partenariats media : Festival Les Créatives et FIFDH 
Résidences : Campus Biotech & Cisa avec le professeur Didier Grandjean, le Dansomètre avec le soutien de Jasmine Morand, Motel Campo
Soutiens : The Swiss National Science Foundation (SNSF Agora project), Ville de Genève, Pro Helvetia, Université de Genève – Cisa, Flux Laboratory, Ensemble Contrechamps, La Comédie de Genève, FEEIG
Remerciements : Carole Rigaut, Tatiana Lista, Cynthia Odier, Dominique Rovini, Carole Varone, Hélène Maurer, Thibaud Gruber, Serge Vuille, Carl June, Thomas Perrodin, Charly Perritaz, David Brun-Lambert, Kreutzer et Cie SA, Mika Ventura, Motel Campo et son équipe, Lumens8, Simon Cacitti, Finn Massie, Simon Bordier.

PARTICIPANT-ES AU PROJET

Didier Grandjean
Didier Grandjean est professeur en neuropsychologie de l’émotion et de neuroscience affective au département de psychologie et au Centre interfacultaire en Sciences Affectives (CISA) de l’Université de Genève. Il est intéressé par la neuropsychologie de l’émotion et les mécanismes corticales et sous-corticales impliquées dans les expressions faciales émotionnelles et vocales et les processus cognitifs au cours de la genèse des émotions. Il a réalisé sa thèse en 2005 sous la direction de Klaus Scherer sur la dynamique des processus d’évaluation à l’aide de méthodes électroencéphalographiques. Il a publié plus de 130 articles dans des revues scientifiques internationales de psychologie et de neuroscience sur les processus émotionnels liés à la perception et à la production de prosodie émotionnelle, les processus d’éva- luation, l’émergence des sentiments, la musique et l’émotion, l’olfaction et l’émotion, et la perception et la production d’expressions faciales émotionnelles. 
unige.ch/cisa/center/members/grandjean-didier

Fabio Bergamaschi
Il étudie la danse classique, moderne, contemporaine, la danse-contact et l’improvisation à L’Atelier de Danse-Théâtre de Milan dans l’École d’Art Dramatique Paolo Grassi, en Italie. Lauréat d’une bourse d’études, il intègre ensuite l’École de Spécialisation pour Danseurs, coordonnée par l’Art/Aterballetto Dance Company de Reggio Emilia (IT). De 2002 jusqu’au 2016, il travaille comme assistant à la chorégraphie au sein de la Compagnie Alias, dont il a été l’un des inter- prètes principaux. Il collabore avec de nombreux chorégraphes, compagnies, opéras et festivals en Suisse et en Europe comme Cie Sam-Hester/Perrine Valli, Estuaire Cie/Nathalie Tacchella, Jerrycan Cie, Sundora & Dgendu/ Dorota Lecka et Gérald Durand, 3art3 Company/Daniel Hellmann, Prototype Status, Yan Duyvendak Cie/Yan Duyvendak, Ensemble Vortex, MadOk Cie/ Madeleine Piguet, Festival Antigel/Directrice danse Prisca Harsch, Opéra de Lausanne et Opéra de Genève.

Jasmine Morand
Née en 1977 à Zurich, Jasmine Morand termine sa formation classique à Genève et à l’Académie Princesse Grâce de Monaco, après avoir remporté le premier prix au Concours National Suisse de danse classique à Soleure, de danse moderne à Nyon et le prix d’étude du Pour-cent culturel Migros. Elle débute sa carrière de danseuse au Ballet National de Nancy et Lorraine, avant de rejoindre l’Opéra de Zurich et le Ballet National de Slovénie. En 2000, elle entreprend une formation en danse contemporaine à Codarts, Rotterdam, où elle commence à développer son travail chorégra- phique. De retour en Suisse, elle fonde la compagnie Prototype Status. Fort de son expérience, elle est désormais invitée pour signer des pièces contemporaines au sein de structures institutionnelles telles que le Tanztheater de Lucerne en ouverture du Festival Steps 2020. 
prototype-status.ch/compagnie/jasmine-morand

Wendy Gaze
Artiste française née en 1989, Wendy Gaze s’installe à Bruxelles en 2008 où elle obtient son diplôme de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre. Sa soif de découverte l’amène à Genève, où elle poursuit le Master Espace et communication à la HEAD. Aujourd’hui elle enseigne au sein de cette même école pour la filière Architecture d’intérieur. Sa pratique, oscillant entre le dessin et celui de la scène, s’articule autour de la notion d’onirisme ; comme un espace de respiration ou de rêverie cosmique. Scénographe, elle conçoit des scènes narratives où le spectateur devient lui-même acteur. Elle pense chaque projet comme une expérience singulière – d’une peinture murale à la fabrication d’une cabane – comme autant de possibilités de collaboration avec d’autres praticiens de l’imaginaire.
www.wendygaze.com
www.instagram.com/wendygaze

Francisco Rios Anderson
Francisco Rios vit au Chili depuis 1989. Il est autodidacte dans les domaines du son, de la lumière et de l’image. En 1997, il entame une longue collaboration artistique et entrepreneuriale (bassiste électrique, tournées, création de la société de production musicale et visuelle GUAIRAO) avec le compositeur Coke Vio, qui se poursuit encore aujourd’hui. 

Francisco a travaillé sur plusieurs projets de théâtre, notamment avec la Compagnie de théâtre de l’Université Austral du Chili en 2001, et la compagnie de théâtre Epicentro dirigée par Sergio Hernandez en 2005. Il est également directeur technique depuis 2009 des festivals Lluvia de teatro et Danza junto al río à Valdivia au Chili, et commence à travailler en 2010 en tant que caméraman et directeur de la photographie avec Margarita Poseck, puis avec Pepe Torres. Parmi ses collaborations en tant que cinéaste se distinguent notamment la pièce audiovisuelle Animitas de Christian Boltanski exposée à la Biennale de Venise 2015, et la série télévisée «Buscando el instrumento madre» co-réalisée en 2015 et diffusée sur la chaîne TV nationale chillienne LA RED. Francisco travaille actuellement sur divers projets de films et de courts métrages, en collaboration avec des artistes – musiciens, chorégraphes – et des institutions muséales internationaux. 
franciscoriosanderson.com/about.html8 

Emma Souharce
Emma Souharce, actuellement basée à Genève, a commencé son travail dans le domaine sonore à travers des projets radiophoniques tels que Radiation24 – une performance de 24 heures de live radio – ou LapTop Radio – projet mené depuis 2012 par Laurent Schmidt, Ceel Mogami de Haas et Jonathan Frigeri. A travers ses premières pièces sonores, elle développa une recherche liée à l’effet des fréquences sur la perception cérébrale ainsi qu’à l’effet de la composition sur les émotions inconscientes et la perception du temps. En 2015, elle co-fonde le groupe électronique analogique Biblioteq Mdulair (duo avec Daniel Maszkowicz) et obtient une bourse d’aide à la création du FMAC-Genève pour sa création sonore Par-Delà~Sorginak,).

Souharce est actuellement active à la fois avec son live solo – une pop noise oscillant entre puissants feedbacks électriques et rythmiques denses faites de sons de batterie maisons – et son duo Semoroz/Souharce formé en 2020 avec Julie Semoroz. Elle est également active au sein des collectifs La Reliure, Genève, et co-coordine la maison d’édition et de production associative Copypasta Editions. En 2019, elle est également co-coordinatrice de la BIG – Biennale Interstellaire des espaces d’art de Genève.
emmasouharce.com

Denis Rollet 
Co-fondateur de la Cave 12 à Genève et artiste sonore qui travaille notamment pour la chorégraphe Cindy Van Acker, la pratique de Denis Rollet questionne les phénomènes sonores. Ses dispositifs live sont faits d’assemblages électroniques souvent faits maison et de matériel hi-fi standard ; ils sont les vecteurs de sa capacité à amplifier les phénomènes auditifs et de les réduire à la source-même du son : la vibration dans l’air. Ses rares performances sont complexes, brutes et intenses, mais toujours centrées sur l’écoute. 
e–e.space/edenisrollet1.html

Rémi Dufay 
Né en 1992 à Caen, Rémi Dufay est diplômé en arts visuels à l’ésam Caen et à la HEAD – Genève. Il est artiste associé à l’Abri depuis 2018, et travaille en collectif à la programmation de l’espace ADUPLEX et à la coordination de la BIG – Biennale des espaces d’art de Genève. Plus jeune metteur en scène programmé à la Bâtie-Festival de genève 2019, il y présente un premier spectacle ambitieux et poétique, D’amour et d’eau fraîche. Il est aussi co-auteur d’Invisible, présenté à la Comédie de Genève et à l’Arsenic. En 2020, il a bénéficié d’une résidence de création au NIDO – Festival Internacional de Artes Vivas de Rivera en Uruguay et au Ujazdowski Castle – Centre for Contemporary Art de Varsovie en Pologne. 
remidufay.com

Chloé Simonin
Née en 1994 à Lons-le-Saunier, France, Chloé Simonin est une jeune artiste réalisatrice vivant et travaillant à Genève. En juin 2017, elle est diplômée d’un bachelor Arts Visuels, filière Inofrmation/Fiction, de la HEAD – Genève. Aujourd’hui, elle poursuit ses recherches en master d’anthropologie à l’université de Neuchâtel. 

Ensemble Contrechamps
Contrechamps est un ensemble de solistes spécialisé dans la création, le développement et la diffusion de la musique instrumentale des XXe et XXIe siècles, depuis plus de quarante ans. L’Ensemble s’engage à décloisonner les merveilles de cette musique ainsi qu’à mettre en valeur la diversité des esthétiques et des acteurs de la scène contemporaine et expérimentale. Depuis sa création, l’Ensemble Contrechamps collabore étroitement avec un grand nombre de composi- teurs. On peut citer Pierre Boulez, Rebecca Saunders, Brian Ferneyhough, Beat Furrer, Klaus Huber, Michael Jarrell ou Matthias Pintscher, ainsi qu’une nouvelle génération de créateurs ; Rebecca Glover et Fernando Garnero par exemple. 

Béatrice Laplante, hautbois / Thierry Debons, percussion / Serge Bonvalot, tuba / Martina Brodbeck, violoncelle / Laurent Bruttin, clarinette / Akiko Ahrendt, violon 
contrechamps.ch/lensemble

 

LeTemps_Julie semoroz_2

Article David Brun Lambert @LeTemps © Isabelle Meister

LeCourrier_L’être humain en résonance avec le vivant

Article Bertrand Tappolet @ Le Courrier © Isabelle Meister